Figures locales
Des personnalités et des habitants qui ont marqué, chacun à leur manière, l’histoire de Vendranges. Cliquez sur un nom pour en savoir plus.
Louis-Antoine Ranvier (1835–1922) — illustre histologiste et conseiller municipal
Louis Ranvier, 1835–1922 — source : Gallica / Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
Né à Lyon le 2 octobre 1835, Louis-Antoine Ranvier entre dès l’âge de onze ans à l’internat de l’institution Saint-Thomas-d’Aquin à Oullins, puis à la faculté de médecine de Lyon. Reçu en 1860 au concours de la faculté de médecine de Paris, il étudie avec Victor Cornil les tissus sains et pathologiques et soutient sa thèse de médecine en 1865. En 1867, Claude Bernard l’intègre à son équipe ; leur collaboration se prolonge jusqu’à l’annexion, en 1872, du petit laboratoire de microscopie de Ranvier à la chaire de médecine expérimentale du Collège de France.
En 1875, à 39 ans, il est nommé professeur au Collège de France, où une chaire d’anatomie est créée pour lui. La même année paraît son « Traité technique d’histologie », référence pendant des décennies. En perfectionnant les techniques d’observation au microscope — dont un instrument resté sous le nom de « microtome de Ranvier » et un révélateur, le « picro-carmin de Ranvier » —, il découvre en 1871 les « nœuds de Ranvier », interruptions microscopiques le long des fibres nerveuses myélinisées, fondamentales à la conduction de l’influx nerveux et toujours enseignées aujourd’hui dans le monde entier. Ses travaux sur la dégénérescence et la régénération des fibres nerveuses font aussi autorité. Il est élu à l’Académie des sciences en 1887.
Retiré à Vendranges autour de 1890, il s’y fait construire une maison au lieu-dit Thély (qu’il orthographie souvent « Thélys ») et se consacre à la vie rurale : jardin, vigne — dont il cherche à améliorer le chasselas par greffe — et une vingtaine de vaches laitières. Il y poursuit même, à titre personnel, des observations d’histologie végétale, dont plusieurs préparations sont aujourd’hui conservées au musée Joseph-Déchelette de Roanne.
Le « professeur Ranvier » siège au conseil municipal de Vendranges de 1891 à 1912. Grâce aux archives municipales, on peut retracer son parcours électoral local : battu en 1888, il est élu pour la première fois en 1891 lors d’un renouvellement partiel, puis réélu sans interruption en 1892, 1896, 1900, 1904 et 1908, obtenant souvent l’un des meilleurs scores du village. Jamais élu maire ou député — il dit vouloir se limiter à « un rôle beaucoup plus modeste » —, il disparaît des listes après son mandat de 1908. Sous ses deux mandats sont menés deux grands chantiers communaux : la construction de l’école des garçons (1892–1899) puis celle des filles (à partir de 1909), et la rectification des chemins reliant le village aux gares voisines.
Son ancien élève Justin Jolly, dans la notice biographique qu’il lui consacre en 1922, décrit un homme « de stature moyenne, plutôt grand, assez corpulent », au visage débonnaire encadré d’une barbe abondante — mais dont « sous sa rudesse, sa brusquerie et sa bonhommie caustique se cachait un cœur sensible ». Ranvier se définissait volontiers comme un « philosophe » : sa correspondance témoigne d’un goût pour le bouddhisme — il conservait chez lui une statue de Bouddha et un Ganesh, aujourd’hui au musée Joseph-Déchelette — et d’une distance affichée envers les vanités et les honneurs.
La Première Guerre mondiale l’affecte profondément : Louis Sirveaux, fils de sa domestique, est le premier Vendrangeois tombé au champ d’honneur (20 août 1914), et nombre de ses amis disparaissent. Il meurt à Vendranges le 23 mars 1922. La ville de Roanne, légataire universelle, hérite de son domaine de Thély — qu’il souhaitait voir devenir un centre antituberculeux — ainsi que de ses objets d’art et de sa bibliothèque ; le projet évoluera en colonie de vacances (« Colonie Louis Ranvier »), en activité de 1947 à 1991. Un monument lui est dédié au cimetière du village, et sa collection (instruments, portraits, habit d’académicien, objets d’art légués par son frère peintre Joseph-Victor) est aujourd’hui conservée au musée Joseph-Déchelette de Roanne.
Recherche et rédaction : équipe municipale de Vendranges (exposition « Louis Ranvier », 2020–2022, sous le mandat du maire Pascal Bert) et Jérôme Avenas (parcours électoral), d’après les archives municipales, le Collège de France, la BIU Santé, le musée Joseph-Déchelette de Roanne et la Médiathèque de Roannais-Agglomération. Un arbre a été planté à l’école, devenue le « Jardin Louis Ranvier ».
Livret de l’exposition municipale (PDF) → Dossier du parcours électoral (PDF) → Voir aussi la frise chronologique de Vendranges →
Abbé Antoine Rochette (1854–1939) — curé de Vendranges, botaniste réputé
Abbé Antoine Rochette, 1854–1939.
Forte personnalité, passionné de latin et de grec, de théologie, et surtout de botanique, il reçut à la cure de Vendranges, pendant une grande partie de sa vie, deux ou trois élèves à l’année — des séminaristes en retard dans leurs études de théologie, ou bien malades — qu’il rattrapait ; certains venaient même du Midi ou du Nord de la France. Des Roannais connus, Amédée Morel ou Hubert Hénot, peuvent encore en rappeler le souvenir. Un jour par semaine, il les emmenait en promenade et en visite dans les fermes avoisinantes.
Antoine Rochette fut sûrement le curé de Vendranges qui eut le plus grand rayonnement et qui fit le plus parler de lui. Très aimé de ses paroissiens, il reste connu aujourd’hui encore des jeunes générations du village. Affable, bavard, enjoué et farceur, il aimait donner rendez-vous à ses confrères ecclésiastiques pour leur faire peur, sur place, en imitant le cri des corbeaux — il avait le don de l’imitation. Passionné par la vie paysanne et rustique, il s’intéressait à tous les détails de la vie matérielle : il emmenait ainsi ses élèves voir battre le beurre. Aussi grand connaisseur des oiseaux que des plantes, il mettait, selon les articles de presse parus après sa mort, une grande énergie au développement de la presse et à son prosélytisme journalistique.
Le jardin de sa cure, accolé à l’église de Vendranges, était un merveilleux jardin aux plantes rares. De par sa passion, l’abbé Rochette était devenu un botaniste réputé et reconnu par ses pairs. Il se rendait souvent à Lyon, au Jardin des Plantes, où il procédait à des échanges de spécimens rares. Tous ses invités, tous les paroissiens qui passaient à la cure, avaient droit à la visite de son jardin : pour chaque plante, il donnait une explication, ainsi que ses vertus médicinales, en partant du nom latin ou grec jusqu’au nom vulgaire. Il s’était constitué à la cure de Vendranges un herbier particulièrement riche, que ses confrères botanistes venaient, parfois de loin, consulter. Son chef-d’œuvre fut malheureusement abandonné dans la cure de Vendranges et tomba en poussière ; il n’en reste aujourd’hui qu’une page photographiée.
En 1908, il fit acheter la bannière de Saint-Genest, le saint patron de Vendranges, grâce à un don anonyme. En 1911, la paroisse connut une Grande Mission. En 1920, elle participa avec la commune aux frais d’érection du monument aux morts de la Grande Guerre.
L’iconographie qui nous reste de l’abbé Rochette le montre toujours en compagnie de ses deux fidèles amis : son chien Vidocq et sa bonne, qu’il appelait d’une formule ironique « mon gouvernement ». La plus connue fut Mademoiselle Marguerite Bitton, originaire de Neulise où elle était née le 6 mars 1854 et où elle est enterrée ; une nommée Marie Poyet lui succéda dans les dernières années.
Au début de l’année 1939, l’abbé Rochette — qui aurait eu 85 ans à l’automne suivant — fut atteint de la gangrène à une jambe et tomba gravement malade. Transporté à l’hôpital de Roanne, puis transféré à Lyon, à l’hôpital Saint-Joseph, il y décéda le jeudi 16 mars 1939 à quatorze heures.
Dans la voiture qui le conduisait couché dans la descente de Vendranges, bien loin de se plaindre et de gémir, il s’occupait à deviner les lieux qui lui étaient chers : « Ça y est, on est au Pont Verdiat… »
Il fut inhumé quelques jours plus tard au cimetière de Saint-Romain-d’Urfé, en présence d’une foule immense qui le pleurait.
Voir aussi la mention de l’abbé Rochette dans Louis Pralus, Vendranges — chronique d’une paroisse indigente (1614-1939) (2020).
Louis Pralus — écrivain et journaliste local
Louis Pralus, lors d’une interview radio (RVR).
Louis Pralus a grandi à Vendranges, où il fut élève à l’école du village. Parti faire des études au séminaire en vue d’être prêtre, études qu’il n’achève pas pour raisons de santé, il travaille un temps à l’épicerie Rathier puis à la distillerie Concillon de Roanne, avant de se lancer dans le journalisme, encouragé par des prêtres et par M. Concillon. Il débute à L’Essor, journal catholique du diocèse de Lyon, le quitte cinq ans comme chef d’agence du quotidien Loire Matin à Feurs, puis y revient comme chef d’agence jusqu’à la fin de sa carrière.
Il publie un premier livre en 1979, Mon village sous l’hiver, chroniques journalistiques sur la vie paysanne en hiver. C’est à partir de 2020 qu’il se lance vraiment dans une série de livres d’histoire locale :
- Mon village sous l’hiver (1979)
- Vendranges — chronique d’une paroisse indigente (1614-1939) (2020)
- Un village au bord de la route bleue (2023)
- Ceux de chez nous (2024) — épuisé
- La guerre de 39 dans nos villages (2026)
« Que se passait-il dans nos campagnes et à Roanne durant ces années 1939-1945 ? Ayant recueilli les récits des derniers témoins de cette époque, ayant retrouvé des journaux de cette triste période et des récits de réseaux de Résistance, de maquisards, d’officiers engagés au service de la France libre, d’anciens prisonniers et déportés, d’historiens locaux, je peux donner des aperçus de la vie quotidienne de nos villages et de Roanne sous l’occupation allemande. » — présentation de l’éditeur. La photo du 4e de couverture montre une inscription retrouvée dans les greniers de la ferme de l’Heur, à Vendranges (1944, croix de Lorraine, « F.F.I. », « A.S. »).
ISBN 978-2-9588696-2-5 — 15 €.
Louis Pralus y révèle notamment qu’un habitant de Vendranges était entré dans la Résistance, au sein de l’Armée secrète, sans que ses enfants — aujourd’hui encore en vie — ne l’aient jamais su : la preuve en a été retrouvée dans un grenier du village, sous la forme d’un dessin de la croix de Lorraine et des inscriptions « FFI », « AS », « 1944 » (voir la photo du 4e de couverture ci-dessus). Le livre a connu un accueil particulièrement marqué, avec entre autres une lettre de félicitations de Laurent Wauquiez, député de la Loire et président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.
4e de couverture, autour d’une carte postale ancienne de la place du village : « La première voiture de Joannès Boudot, épicier et commissionnaire, installé sur la place dans ce qui est aujourd’hui l’auberge Le Vendrangeois. Il l’avait achetée en 1929. Avec cette voiture, il conduisait les femmes aux marchés de Roanne et de Balbigny. Il conduisait aussi des particuliers à des fêtes de famille, des pèlerinages, des cérémonies, des fêtes de village. »
ISBN 978-2-9588696-0-1 — 15 €.
4e de couverture : « Les visites de l’archevêque de Lyon en 1614, puis en 1660, révèlent l’existence d’une première église à Vendranges autour du XIIe siècle et d’un châtelet du seigneur de Cucurieux, enfermant l’église dans ses remparts. C’est une paroisse où les pauvres sont en nombre […]. Deux figures de prêtres se dégagent : l’abbé Morel, curé de Vendranges durant 41 ans, qui tint un journal, année après année, de la vie de la paroisse ; et l’abbé Rochette, professeur à domicile pour séminaristes et botaniste réputé. […] Ces documents intégralement reproduits : livre de raison de l’abbé Morel, cahier de la Fabrique, registres paroissiaux, cahiers du bureau de bienfaisance, nous livrent dans le détail le visage quotidien de la France profonde du XIXe siècle et celui d’une petite paroisse telle que Vendranges sous le second empire. »
ISBN 979-1069957954 — 15 €.
Tous ces livres sont en vente chez l’auteur, 2 rue du Campagnard à Vendranges — à l’exception de Ceux de chez nous, aujourd’hui épuisé.
Il a également signé en 2016 un article sur le mémorial dédié aux martyrs de Vendranges (calvaire de Romagnon, érigé par les frères Laurençon en souvenir des dix-neuf Vendrangeois guillotinés en 1793, dont le curé de la paroisse, l’abbé Crozet). Voir aussi ses archives de journaliste.
Le témoignage de Louis Pralus
Louis Pralus, historien des villages ?
Depuis toujours j’aime écrire. Si j’étais nul en maths dans notre chère école de Vendranges et après dans d’autres institutions, j’étais bon en français. Il faut croire que c’était vraiment bon puisque, je me souviens, que notre maître, M. Mottet, avait lu une de mes rédactions à la classe. Je suis parti faire des études dans les séminaires en vue d’être prêtre, études que je n’ai pas terminées, étant malade. Revenu chez moi, j’ai fait quelques petits boulots à l’épicerie Rathier, à la distillerie Concillon de Roanne et puis je suis parti vers le journalisme, encouragé par les prêtres et par M. Concillon. J’ai fait mes débuts de journaliste à L’Essor, journal catholique qui appartenait au diocèse de Lyon. J’ai quitté L’Essor cinq ans pour être chef d’agence du quotidien Loire Matin à Feurs ; je suis revenu à L’Essor où j’ai été également chef d’agence et où je suis resté jusqu’à la fin de ma carrière.
J’ai écrit un premier livre en 1979 : « Mon village sous l’hiver », sorte de chroniques journalistiques sur la vie paysanne pendant l’hiver. C’est en 2020 que je me suis vraiment lancé dans une série de livres racontant l’histoire locale. Le premier a été « Vendranges, chronique d’une paroisse indigente », recueil de documents des années 1800 récupérés à la cure, tous des documents authentiques (journal du curé, registres paroissiaux, délibérations du conseil de fabrique…) qui nous apprennent énormément sur la vie des gens. Le livre suivant a été, en 2023, « Un village au bord de la route bleue ». C’est l’histoire de la Nationale 82 depuis sa création jusqu’à la déviation : comment ont été faites cette route et cette déviation, qui donc circulait sur cette première route, comment se faisaient les transports, comment travaillaient les commissionnaires de Vendranges et de Neulise, quels étaient les gens qui voyageaient sur cette route (des pittoresques, des gens célèbres), quels étaient les commerces de Vendranges etc.
En 2024, j’ai sorti « Ceux de chez nous ». Galerie de portraits d’agriculteurs et autres gens de chez nous qui racontent eux-mêmes leur vie, leur histoire. Certains étaient célèbres : Louis Rabut de St-Priest, Louis Chassagne (le pêcheur et le passeur de la Loire), Raymonde et Michel Boucher quand leur restaurant était une ferme. Et puis les laveuses, le tondeur de mouton, les fêtes, les foires, le lèvre de la Madone et tant d’autres !
Enfin j’ai publié en août 2026 « La guerre de 39 dans nos villages ». C’est le livre qui suscite le plus d’échos, notamment de la part des élus et des professeurs. J’ai eu la surprise de recevoir une longue lettre pleine d’éloges de Laurent Wauquiez, de notre député et du président du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes. Le livre donne des témoignages de gens ayant vécu eux-mêmes ces tristes événements de 1939-45. J’ai fouillé aussi dans les archives de toutes sortes. C’est un livre bourré de révélations, me disent les lecteurs. En vérité, on ne savait pas ce qui se passait dans nos villages. Ce qui dominait, c’était le secret. Vendranges aussi avait ses secrets bien gardés. Un de ses habitants était entré en résistance dans l’Armée secrète et ses enfants, encore vivants aujourd’hui, ne le savaient toujours pas ! La preuve a été donnée par la découverte dans un grenier du dessin de la Croix de Lorraine et des inscriptions FFI, AS, 1944 !
— Louis Pralus
P.S. Tous ces livres sont en vente chez moi (2, rue du Campagnard) sauf « Ceux de chez nous », épuisé.
Guy Lévis Mano (1904–1980) — typographe et éditeur, découvreur de poètes
Guy Lévis Mano (1904–1980), dit « GLM », dans son atelier de typographe à Paris.
Page d’histoire : qui était Guy Lévis Mano, enterré au village ?
Né le 15 décembre 1904 à Salonique, alors en Turquie (rattachée à la Grèce depuis 1912), Guy Benico Lévy — il associera le nom de son père à celui de sa mère (Mano) pour devenir Guy Lévis Mano, d’origine juive espagnole, appelé « GLM » par la plupart de ses amis — arrive en France seul en 1918. Ses parents le suivront l’année d’après et s’installent avec leur fils, 137 boulevard de Grenelle à Paris 15e, où il habitera toute sa vie.
Il apprit le métier de typographe et s’installe à son compte en 1923 dans une petite imprimerie qu’il conservera jusqu’en 1974. Là, il commence à éditer ses poèmes, mais surtout il « déniche » des futurs grands poètes qui seront connus dans le monde entier, parmi lesquels Paul Éluard, Andrée Chédid. Il sera resté très modeste toute sa vie, faisant seulement des petits tirages (1 000 exemplaires) de ses écrits.
Quand il rencontre Jean Goutebaron à Paris, l’amitié qui liera les deux hommes sera indestructible. Il le suit en Ardèche à Vans puis à Vendranges (qui deviendra sa résidence d’été) quand Jeanne et Jean Goutebaron achètent la Châtaigne pour en faire l’hôtel-restaurant que les plus anciens se souviennent. Il passait ici, dans le calme du village, les deux mois d’été chaque année en travaillant à ses écrits, corrigeait, traduisait comme « Saint Jean de la Croix » ou encore « Sainte Thérèse d’Avila ».
Louis Pralus, qui a beaucoup eu l’occasion de le côtoyer, se souvient de l’homme qu’il était : toujours vêtu de noir, très discret, aimant flâner dans les rues du village, causant à tout le monde, restant des heures à regarder les joueurs de boules, mais ne participait à aucun évènement du village. Il vivait le plus simplement possible, pas du tout prétentieux ; personne ne pouvait imaginer que cet homme côtoyait les grands de la littérature — c’est lui qui a découvert Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014.
Quand il mourut d’une crise cardiaque le 25 juillet 1980 dans sa chambre à l’hôtel, il fut impossible de contacter ses amis parisiens, dont Madeleine Pissaro, son amie et collaboratrice des premières heures, tous partis en vacances. N’ayant plus de famille, Jean Goutebaron a donc organisé ses funérailles ici à Vendranges, et son corps fut porté au cimetière. Sans prétention, comme le fut sa vie, une simple pierre gravée à son nom témoigne du passage de cet homme simple dans ce petit village de la Loire qu’il aimait tant. À sa mort, l’association Guy Lévis Mano fut créée, qui a pour projet de faire connaître son œuvre, d’annoncer et soutenir les actions en cours, et de répondre aux demandes d’information.
Texte : Marie Jane Marcet.